Demain, samedi 31 janvier, je serai au Centre culturel E.Leclerc des Angles, dans le Gard, pour une rencontre-dédicace de 10 heures à 17 heures.
C’est une phrase simple, factuelle. Une date, un lieu, une amplitude horaire. Et pourtant, elle contient bien plus qu’un rendez-vous de signature. Elle marque une première étape importante : mes premières dédicaces au sein d’un grand distributeur.
Un passage, aussi, vers un autre espace de la littérature. Un espace parfois regardé de loin, parfois jugé, souvent méconnu. Un espace où pourtant, chaque jour, des lecteurs existent.
Là où sont les lecteurs
On parle beaucoup des librairies indépendantes — et à juste titre. Elles sont des lieux de transmission, de dialogue, de passion. Elles sont souvent le cœur battant de la vie littéraire. Mais il existe d’autres territoires, moins visibles dans les discours culturels, et pourtant essentiels.
Il existe des villes, des zones périurbaines, rurales parfois, où la librairie indépendante la plus proche se trouve à plusieurs dizaines de kilomètres. Des lieux où le centre culturel d’un grand distributeur est le seul point d’accès régulier au livre.
C’est à ces lecteurs-là que je pense en premier lorsque j’accepte une rencontre en grande distribution. Non par défaut. Mais par cohérence.
Car écrire, pour moi, n’a jamais été un geste abstrait. Écrire, c’est s’adresser.
Les espaces de la grande distribution : un autre visage de la lecture
Les centres culturels des grandes enseignes sont souvent perçus comme des lieux impersonnels. Alignements de rayonnages. Flux continus. Passages rapides.
Et pourtant, lorsqu’on s’y attarde, lorsqu’on observe, autre chose apparaît.
Des lecteurs qui prennent le temps.
Des mains qui hésitent.
Des regards qui s’arrêtent sur une couverture, puis reviennent.
Il y a là des lecteurs qui n’oseraient peut-être pas pousser la porte d’une librairie traditionnelle. Des lecteurs pour qui le livre n’est pas un objet sacralisé, mais un compagnon possible. Un lecteur qui lit tard le soir. Une lectrice qui lit entre deux journées trop pleines. Des gens qui lisent « comme ils peuvent ».
Et cette lecture-là est tout aussi légitime.
La dédicace comme rencontre, pas comme vitrine
Je n’ai jamais envisagé les séances de dédicaces comme un exercice promotionnel au sens strict. Bien sûr, il y a le livre. Bien sûr, il y a la signature. Mais ce qui compte réellement se situe ailleurs.
Dans l’échange.
Dans la question imprévue.
Dans le silence avant la parole.
Dans cette phrase qui revient souvent :
« Je ne lis pas beaucoup, mais… »
Ce « mais » est toujours une ouverture.
Demain, je serai là pour ça. Pour parler. Pour écouter. Pour expliquer, parfois, ce que raconte réellement un roman noir lorsqu’il ne parle pas seulement de crime.
Pourquoi le noir, pourquoi l’intime
Mes romans s’inscrivent dans le genre noir, mais ils n’en restent jamais à la surface des faits. Le crime, lorsqu’il apparaît, n’est jamais une fin en soi. Il est un point d’entrée. Une fracture.
Ce qui m’intéresse, ce sont les mécanismes intérieurs. Les failles. Les zones de doute. Ce qui se joue avant, pendant, après. Ce que la vérité ne résout pas toujours.
Cette approche ne dépend pas du lieu, mais de la rencontre. Je m’adresse à des lecteurs qui ne cherchent pas seulement une intrigue, mais une résonance. Une vibration intime, un trouble discret, quelque chose qui fait écho à leur propre vertige intérieur.
Être auteure, hors des cadres attendus
Il existe encore une hiérarchie implicite des lieux littéraires. Certains seraient nobles. D’autres secondaires. Je ne crois pas à cette distinction.
Je crois aux lecteurs réels, dans leur diversité.
Je crois aux livres qui circulent.
Je crois aux rencontres qui n’étaient pas prévues.
Être auteure aujourd’hui, c’est aussi accepter de sortir des cadres attendus. D’aller là où l’on ne vous attend pas toujours. D’assumer que la littérature n’appartient pas à un seul espace.
Une première chez un grand distributeur
Cette journée aux Angles est une première. Une étape symbolique. Un apprentissage aussi.
Je ne sais pas exactement qui je rencontrerai. Je ne sais pas quelles questions surgiront. Je sais seulement que je m’y rends avec une vraie joie, et une curiosité intacte.
Parce que chaque lecteur rencontré hors des cercles habituels élargit le champ de la littérature.
Et après
Cette expérience fera l’objet d’un prochain article, que j’ai déjà en tête
J’y raconterai ce que j’ai vu, entendu, compris. Sans idéologie. Sans hiérarchie. Avec attention.
Vous rencontrer
Demain, de 10h à 17h, au Centre culturel E.Leclerc des Angles, je serai là.
Je me fais une joie de vous rencontrer.
De vous parler.
De vous écouter.
Parce qu’un livre ne vit jamais seul.
Il vit dans la rencontre.


