avril 21, 2025

Comment suis-je venue à l’écriture ?

Les premières étincelles créatives

Comment suis-je venue à l’écriture ? C’est une question que l’on me pose régulièrement et c’est à vrai dire une très bonne question. Répondre à cette interrogation m’a par ailleurs permis de réaliser un certain nombre d’évidences et nécessite un retour sur mon parcours… de petits bonds dans le passé. Rassurez-vous, je ne suis pas un dinosaure ! Quoique tout soit relatif ! 😉

Cette envie d’écrire, je l’aie longtemps portée en moi…

La dyslexie comme défi et opportunité

À dix ans, j’ai reçu en cadeau une Barbie. C’était à cette époque l’âge conseillé pour offrir ce genre de poupée et si j’ai depuis vu des enfants de deux ans en recevoir à Noël, une Barbie n’est pas un jouet que l’on cajole à dix ans. Si je lui ai confectionné des habits avec des bouts de tissus, je l’ai surtout lancée dans d’incroyables aventures, Kent était du voyage. Mes scénarios étaient plutôt ambitieux et mon imagination féconde. Barbie en a vu du pays ! Rétrospectivement, je m’aperçois que c’est à cette période que j’ai commencé à inventer des histoires.

Dyslexique, j’ai ensuite survécu aux cours de français pendant mes années de collège, grâce à mon imagination. Mes notes en rédaction venaient contrebalancer ma désastreuse orthographe et mon aversion pour la grammaire. J’essaie depuis de m’amender. Toutefois, être dyslexique, c’est pour la vie ! Ma vigilance reste constante lorsque j’écris et je dois bien avouer, qu’en cas de fatigue, il est parfois difficile de la contrer. Ne pouvant faire confiance à mon orthographe, je recours à un professionnel pour corriger mes romans. (Je serais mortifiée si mes confidences laissaient à penser que mes ouvrages sont bourrés de fautes d’orthographe !)

Comme de nombreux dyslexiques, je me suis adaptée et fait des synonymes mon kit de survie. C’est finalement un atout . Je ne suis jamais à court d’idées pour varier mon vocabulaire !

Les révélations littéraires de l’adolescence

En troisième, par la lecture de « L’écume des jours », je découvre Boris Vian… Une révélation ! Vian décrit avec un réalisme douloureux la santé de Chloé qui décline puis s’étiole ; l’univers de Colin, son amoureux, qui rétrécit progressivement dans un monde sans échappatoire… J’en étais oppressée ! Je ne suis probablement pas la seule à avoir dû relire plusieurs fois la fin de ce roman tant les larmes obstruaient ma vision… La plume de Boris Vian s’est inscrite dans mon esprit de manière indélébile. Je comprends aujourd’hui pourquoi je puise autant en moi pour extraire des émotions vibrantes de réalisme. Nous reparlerons de mon processus d’écriture tantôt.

Au lycée, nouvelle révélation : les poètes maudits. Verlaine, Rimbaud, De Nerval, Baudelaire… Mon professeur de français de première, Monsieur Sanui, était exceptionnel. Il décortiquait le symbolisme de leurs poèmes avec passion. Je découvre alors que chaque mot à son importance, que leur présence dans un texte n’est aucunement liée au hasard. La poésie est un art d’une extrême exigence. Tout doit être dit ou suggérer de manière concise. C’est un condensé d’émotions. Rien d’étonnant à ce qu’elle me touche autant…

J’avoue avoir une faiblesse particulière pour Baudelaire et sa façon de sublimer le laid, sa capacité inouïe à transformer en or la boue ! Lors de ces années de lycée, je déversais mon propre spleen dans des poèmes très courts allant de l’haïku au quintil.

Du droit à la criminologie : nourrir l’imaginaire

La faculté de droit. Changement d’univers. Depuis toute petite, je rêvais d’être redresseur de torts. Faire des études juridiques était une évidence. Mon cœur balançait néanmoins avec la psychologie. C’est ce penchant qui m’a probablement poussée vers la criminologie, à la fin de mes études de droit. Un diplôme universitaire proposé par la faculté de médecine a fait mon bonheur.

Et l’écriture dans tout cela ? Rien pendant cette période, mais le droit pénal et la criminologie ont nourri mon imaginaire. Des analyses sur les tueurs en série, mais aussi sur la psychanalyse découverte en terminale, assouvissent ma soif de comprendre l’inconcevable.

Le titre de mon mémoire est assez évocateur : « Le viol en temps de guerre : volonté de soumettre et archaïsmes mentaux ». En écrivant cet article, je réalise avoir été marquée par ce travail, puisque sans en être le cœur de son sujet, il figure dans mon troisième roman. Nous aurons l’occasion de l’évoquer dans quelques mois, ce roman étant en phase de relecture et de correction.

Créativité et parentalité

La vie active dans laquelle je suis ensuite lancée vient broyer toute créativité, mais cette dernière a su s’adapter. Ainsi, quand mes enfants étaient petits, j’aimais leur inventer des histoires.

Grignotte et Plumet, qui figurent d’ailleurs de manière anecdotique dans L’Insane, vivaient des aventures incroyables. Les garçons choisissaient un thème : Comment créer les couleurs ? Pourquoi la météo est-elle si changeante ? Pourquoi est-il grave de détruire la forêt amazonienne ? Pourquoi les copains se disputent-ils ? Autant de sujets que ces deux personnages, l’un écureuil, l’autre oiseau, expliquaient de façon ludique lors d’aventures rocambolesques.

Le passage à l’acte d’écriture

Comment suis-je venue à l’écriture ?

La réponse est finalement simple : j’adore raconter des histoires !

J’ai toujours beaucoup lu. Entrer dans l’univers d’un auteur est grisant. Les années passant, l’envie de créer le mien est devenue irrésistible.

Mais ce n’est pas si simple de se mettre à écrire. Je me suis longtemps mis des « barrières » : pas le temps, pas la légitimité… et puis même une fiction n’est pas dénuée du don de soi. Personnellement, j’y mets en premier lieu mes propres émotions, car je ne peux écrire sans me projeter dans mes personnages. Écrire est un aveu de mon hypersensibilité, une mise à nu émotionnelle. Se lancer n’a pas été évident. Et le syndrome de la page blanche existe vraiment ! Tout comme le syndrome de l’imposteur, mais ne nous éparpillons pas. Toutefois, lorsque l’on se lance, c’est vraiment jouissif. S’il est parfois douloureux d’aller chercher des émotions en soi pour pouvoir de façon crédible les transcrire, c’est pourtant incroyablement libérateur.

Voilà comment je suis venue à l’écriture.

Des histoires sombres qui explorent l’âme humaine

J’aurais pu envisager celle de livres pour enfants et m’inspirer des histoires que je racontais à mes garçons, mais j’estime qu’elles sont leur patrimoine exclusif. Elles sont un lien précieux entre eux et moi… Et surtout, j’avais des histoires bien plus sombres en tête…

Mes romans explorent l’âme humaine, invitent à réfléchir sur le monde dans lequel nous vivons, sur notre histoire commune ou celles qui nous sont plus intimes… Mes romans sont noirs, certes, mais finalement pas uniquement… Qu’en pensez-vous ?

Page blanche 0 / Marie 1

Au plaisir de répondre à vos questions chères lectrices, chers lecteurs.

Laisser un commentaire