Pourquoi l’auto-édition ?
Je ne me suis pas réveillée un matin en me disant que j’allais écrire un best-seller. Je voulais juste éprouver ma capacité à développer une idée sur plus de deux pages. Je n’avais pas la prétention d’éditer quoi que ce soit. Alors, quant à l’idée d’étudier les différentes options qu’offre l’édition, n’en parlons même pas !
Écrire, une histoire de partage
Depuis longtemps, mon attrait irraisonné pour la lecture me donnait envie d’explorer l’univers de l’écriture. En prenant conscience de ce qui me retenait, j’ai succombé à la tentation d’éprouver ma capacité à noircir un écran. Les quelques pages évoquées plus haut sont devenues une nouvelle, puis un roman que je comptais garder secrètement pour moi. C’était me mentir ! L’envie d’écrire n’est jamais totalement dénuée du désir de partage ! Le temps consacré à la réécriture de « L’Insane » me l’a fait comprendre. Un travail de réécriture colossal puisque je n’avais au départ qu’une centaine de pages et aucun dialogue !
Bien qu’enrichissant, ce processus fut lent, exigeant, déstabilisant. Pour écrire, je pousse mon empathie émotionnelle aux limites de l’identification. Je n’aurais jamais imaginé devoir autant puiser en moi, pour donner corps à mon histoire et faire véritablement vivre mes personnages. Sans être incarnés, ils ont pour moi une réelle existence. Ils me sont devenus chers. En tout cas, assez pour que je me sois lancée dans une série concernant mon irrésistible et torturé lieutenant Scaralèse ! Avant même de publier « L’Insane » qui fête ces jours-ci son premier anniversaire de publication, tant « L’Obsession Azanov » qui sort dans deux jours que le tome 3, Bettina, qui est en phase de correction, étaient déjà écrits. Autant dire que je brûlais alors de partager mes histoires et les secrets de mes personnages.
Le choix de la liberté
Je suis très perfectionniste et j’ai beaucoup de mal à déléguer. En tout cas, j’ai très vite saisi que je perdrais la maîtrise de bon nombre de choses en publiant mon manuscrit avec un éditeur : le choix d’un correcteur avec qui j’aime travailler, le choix de ma couverture, de ma bio et celui du titre de mes livres. J’ai compris que je perdrais mes droits sur mes histoires, que je devrais peut-être accepter de modifier certains passages, voire certains traits de caractère de mes personnages pour les rendre conformes à une ligne éditoriale.
En plein doute, j’ai entendu parler du programme KDP d’Amazon, Amazon dont même les grandes maisons d’édition utilisent la plateforme de vente de livres en ligne. Et à ma grande surprise, s’il permet la vente d’ebook, il permet aussi d’éditer des versions papier (relié et broché) ! Et je sais à quel point nombreux sont encore ceux qui préfèrent lire sur du papier !
J’avais trouvé ma solution.
L’auto-édition : épanouissement ou parcours du combattant ?
L’Insane est le premier roman que je publie. Avant de me lancer dans le processus de son édition, je n’avais qu’une vague idée de ce qui m’attendait. Alors, suis-je toujours en accord avec mon choix d’être un auteur indépendant, un an après la publication de mon premier roman ?
Globalement oui, même si s’auto-éditer est une sacrée aventure.. Avoir terminé son livre n’en est que le préambule !
J’ai très vite saisi qu’il me faudrait penser à tout, sans personne pour me « border », que ce soit pour les démarches administratives, le service presse ou la création de contenu pour assurer la promotion de mon livre. Un écrivain qui s’auto-édite n’a pas d’agent littéraire, ni une équipe à son service qui gère la correction, la mise en page, la création de la couverture, le service presse… S’auto-éditer implique de multiplier les casquettes et d’être un homme orchestre. Un auteur indépendant conçoit son ouvrage de A à Z, même s’il peut choisir d’externaliser certaines tâches.
Personnellement, j’ai recours à un professionnel pour la correction de mes ouvrages. Sans cette possibilité je n’aurais jamais publié, de peur de livrer à mes lecteurs un livre rempli de coquilles ! Hormis pour la correction orthographique, je me débrouille donc seule. Perfectionniste, je peux vous assurer que je me suis pris la tête. La mise en page de « L’Insane » a notamment été un vrai calvaire, d’autant plus que je l’ai réalisée sans césure, pensant qu’Amazon me l’imposait, ce qui n’est bien sûr pas le cas !
Toutefois, si s’auto-éditer est énormément de travail, c’est aussi très enrichissant ! Si je dois faire le bilan de cette année en toute honnêteté, deux choses me manquent cruellement en tant qu’auteure indépendante : une vraie distribution et une promotion efficace. C’est excessivement chronophage et souvent peu efficace..
À titre d’exemple, l’été dernier, je pensais naïvement pouvoir écrire le tome 4 du cycle des Ombres, mais cela s’est avéré tout simplement impossible, car ce temps a été consacré à la promotion de « L’Insane ». Et je ne le regrette pas. J’ai fait des rencontres formidables : des chroniqueuses et chroniqueurs adorables se mettant en quatre pour vous permettre de gagner en visibilité dans cette jungle qu’est l’édition, des auteurs talentueux qui n’hésitent pas à partager leur expérience et connaissances du milieu pour vous éviter écueils et désillusions. Et bien sûr, j’ai adoré discuter avec vous de mon travail d’écriture. Alors oui, je manque de temps pour écrire et un éditeur sérieux me manque parfois. La trame de ce quatrième tome est toutefois tissée. Laisser courir mes doigts sur le clavier commence franchement à me démanger ! Je ne saurai longtemps résister. Je trouverai le temps !
Vers encore plus d’indépendance
Comme je l’ai dit précédemment, avoir un éditeur serait utile pour la promotion et la distribution de mes romans, mais je ne suis pas du genre à rester les bras croisés.
Pour la promotion, il est vrai que selon les éditeurs, de nombreux auteurs doivent se débrouiller seuls. Je continue donc mon petit bonhomme de chemin en essayant d’éviter les écueils. D’ailleurs, si vous voulez me faire plaisir, n’hésitez pas à visionner la bande-annonce de « L’Obsession Azanov », sans fausse modestie, elle est plutôt réussie ! Quant à la diffusion en librairie, le véritable obstacle rencontré est l’impression de mon roman par Amazon. Imprimer ses exemplaires auteurs à la demande est pratique lorsque l’on commence.
Cependant, même en étant en mesure de prouver que je suis mon propre éditeur (ISBN, dépôt légal, etc.), peu de librairies indépendantes acceptent de référencer mes ouvrages. Amazon est perçu comme le « méchant loup ». Il est frustrant de devoir expliquer en vain que le fait d’être imprimé par Amazon ne signifie pas être édité par lui, mais je comprends leur réticence.
Mes romans seront toujours disponibles auprès d’Amazon tant en broché qu’en Ebook, mais à l’occasion de la sortie de « L’Obsession Azanov », j’ai décidé de faire imprimer par une imprimerie située à Nîmes les ouvrages que je propose en salon, en librairie et sur ce site ( achat via l’auteure). Cela me permettra de vous dédicacer vos ouvrages hors salon et dédicaces en librairie. Et j’espère que cela changera la donne auprès des libraires frileux !
Reste maintenant le plus difficile pour moi : démarcher ! Un beau sourire et des ouvrages de qualité plébiscités par la critique et mes lecteurs devraient suffire, n’est-ce pas ?
Au plaisir d’échanger avec vous, chères lectrices, chers lecteurs.


