On m’a demandé récemment si je faisais beaucoup de recherches pour écrire mes histoires. On me demande également très souvent où je puise mon inspiration et si mon imagination est prolifique. Une belle occasion de réfléchir sur ma source d’inspiration. Qui prime ? Mon imagination ? Ma curiosité aidée de ma capacité à capter des informations pertinentes dans mon quotidien et à faire des recherches ? Vaste programme..
L’Insane : un roman particulier à bien des égards
Lorsque je jette les premières phrases de l’Insane sur la page blanche du traitement de texte de mon ordinateur, je ne sais absolument pas que débute une aventure littéraire. À ce moment précis, je relève simplement un défi lancé par mon frère. Celui de noircir plus de quelques feuillets sur un thème précis. Persuadée que mon esprit synthétique me laissera bientôt en rade, je n’imagine pas un seul instant débuter un roman. Je n’ai toutefois pas choisi un sujet au hasard ni laissé à mon frère le loisir de le trouver. Pas folle la mouche ! Je comptais bien gagner mon pari et sans trop souffrir de surcroît !
Pour débuter ce qui deviendra « l’Insane », qui s’est d’ailleurs tout d’abord appelé L. puis L’Ange noir, j’ai choisi d’explorer la perversion narcissique. Un sujet dont s’est emparé la presse féminine ces dernières années et dont j’avais entr’aperçu les dégâts lors de mon D.U de criminologie. Pour corser le tout, j’ai opté pour une approche un peu différente de cette presse cherchant à nous faire découvrir si nous partageons la vie d’un pervers narcissique en disséquant tout comportement masculin, car il était pour moi plus intéressant d’approfondir le problème de la perversion narcissique en étudiant cette pathologie chez les femmes dont les cas cliniques sont plus rares.
J’ai trouvé fascinant d’imaginer les stratagèmes qu’une personne ayant une telle pathologie pourrait mettre en œuvre pour parvenir à ses fins. J’ai usé de malice afin d’élaborer le soigneux tissage de sa toile. « Eh, » pourriez-vous me dire. Alors que je vous explique combien le sujet choisi est rigoureux et relève de la science médicale, le mot imagination vient mettre le doute dans votre esprit ! Et vous auriez raison ! Pourtant, mes histoires sont fictives, elles relèvent de mon imagination et cette dernière est chez moi débridée. J’essaie toutefois d’être au plus près de la réalité des sujets que j’exploite, car il est pour moi primordial que mes histoires soient vraisemblables. Faire des recherches est par conséquent indispensable ! Je n’aurais pu décrire certains comportements ou écrire certaines scènes sans cela.
Quant à la psychologie de mes personnages, leurs réactions face aux événements, leurs états d’âme, je me glisse le temps de l’écriture dans leurs peaux pour être crédible. Je n’ai jamais fait de théâtre, néanmoins je pense que la démarche est similaire pour incarner un personnage. S’identifier, puiser des émotions au plus profond de soi est primordial pour qu’il « sonne » juste. Aucune invention n’est de mise quand il s’agit d’émotion ! Je cherche en moi de quoi décrire des situations à même de vous toucher sans quoi tout sonnerait faux. Cette démarche est également une forme de recherche, différente certes de celles studieuses sur internet, dans des recueils ou auprès de spécialistes, mais ce sont néanmoins des recherches et je suis alors mon propre cobaye.
Alors qui prime dans « L’Insane » ? Les recherches ou mon imagination ? En réalité aucun d’eux ne prime. Pour « L’Insane », mes connaissances du sujet ont guidées mes premiers pas. Des recherches sont venues les conforter, nourrissant mon imagination et rendant d’autres recherches nécessaires. Dans « L’Insane », recherches et imagination se sont nourris mutuellement.
Les recherches donnent tout simplement plus de réalisme à la fiction. J’estime également qu’une histoire est bonne si l’on peut s’identifier. La tension d’une intrigue est bien plus forte quand les personnages sont plongés dans une histoire qui pourrait nous arriver… n’importe quand… n’importe où… C’est en tout cas mon sentiment.
Une fièvre créatrice
Mon second roman sera publié dans quelques jours, ce qui laisse à penser que des mois, voire des années, séparent « L’Insane » de « L’Obsession Azanov ». Cependant, son écriture a commencé en réalité deux mois seulement après l’écriture du premier jet de « L’Insane ».
J’ai à présent conscience d’avoir longtemps (trop longtemps ?) retenu mon désir d’écrire et lorsque les premières pages de ce qui sera « L’Insane » se transforment en nouvelle puis en roman, une réelle fièvre créatrice me prend. « L’Insane » dans sa première mouture est écrite d’avril à juin 2020, « L’Obsession Azanov » qui s’appelait alors « Murniati » puis « Terre brûlée » (j’ai vraiment du mal avec les titres de mes romans !) de mi-juillet à fin septembre de la même année. Je parle bien entendu de premiers jets car mon processus d’écriture est bien plus lent et je réécris plusieurs fois mes romans ; je reformule, approfondis, tente de donner vraiment du sens aux mots employés. Je reviendrai sur mon processus d’écriture dans un autre article de ce blog.
Mais revenons pour l’heure à notre fièvre créatrice. À m’imaginer remplir des pages et des pages sans m’arrêter, vous seriez en droit de vous dire que pour « L’Obsession Azanov », mon imagination débordante a pris le pas sur tout autre chose. Pourtant, il n’en est rien !
Pour « L’Obsession Azanov », je suis partie de l’obsession de mon lieutenant, Hugo Scaralèse, dont on voit les prémisses dans « L’Insane », puis j’ai fixé mon intrigue sur l’année 2016. Les événements qui s’y sont déroulés sont primordiaux pour cette intrigue. L’opération internationale initiée par Hugo Scaralèse est fictive, mais les événements sur lesquels s’appuie cette histoire sont quant à eux bien réels. J’ancre une fois encore profondément ma fiction dans la réalité. Mes recherches ont été nombreuses.
Inspiration : Imagination ou recherches – Faut-il vraiment trancher ?
Faut-il vraiment trancher ? La réponse est pour moi catégorique. Et c’est un non ! Pour moi, l’une ne va pas sans l’autre. Et pour mon troisième roman, me direz-vous… Il sera publié en 2026, alors je préfère ne pas trop en dire, mais dans la mesure où il s’agit d’un thriller historique, la réponse semble évidente, non ? Au plaisir de répondre à vos questions, chères lectrices, chers lecteurs.


