avril 21, 2026

Rencontre autour de la création littéraire à Châteaurenard

Quand les livres prennent voix

Il y a des lieux où les livres ne se contentent pas de dormir sur des étagères.
Des lieux où ils respirent, attendent, murmurent presque — comme s’ils savaient que quelqu’un, un jour, viendra les ouvrir et y déposer un fragment de sa propre vie.

Les librairies indépendantes sont de ces lieux.

À l’occasion de la Fête de la librairie indépendante, j’aurai le plaisir de participer à une table ronde organisée par la librairie Comme la plume au vent, aux côtés de Franck Fauquier.

Un rendez-vous à la fois simple et essentiel, ancré dans un territoire — le nôtre — et tourné vers ce qui nous dépasse : la création littéraire, ce geste mystérieux qui transforme le silence en mots, et les mots en présence.

Écrire : une nécessité intime

Écrire n’est jamais un acte anodin.

On croit parfois que l’écriture est une affaire de technique, de méthode, d’apprentissage patient — et elle l’est, bien sûr. Mais elle est aussi, profondément, une nécessité. Une tension intérieure. Une manière de survivre à ce qui ne trouve pas sa place ailleurs.

Chaque auteur porte en lui un territoire invisible.
Un espace fait de souvenirs, de manques, de fragments d’histoires, de visages croisés, de silences trop pleins. Écrire, c’est tenter d’en tracer les contours. C’est accepter de s’y perdre pour mieux y revenir.

Lors de cette table ronde, il ne sera pas question de recettes.
Il sera question de ce geste-là : celui qui précède le livre. Celui qui ne se voit pas. Celui qui doute, qui résiste, qui recommence.

Car derrière chaque ouvrage, il y a des heures de solitude, de lutte, d’incertitude — et pourtant, un désir intact : celui de partager.

Deux voix, deux univers

Rencontrer un autre auteur, c’est toujours une expérience singulière.

Avec Franck Fauquier, nous partagerons cet espace de parole, non pour confronter nos écritures, mais pour les faire dialoguer. Deux trajectoires, deux sensibilités, deux façons d’habiter la langue — et peut-être, en filigrane, des points de convergence invisibles.

Car la littérature ne se résume pas à des genres ou à des étiquettes.
Elle est avant tout une manière de regarder le monde.

Certains explorent l’intime, d’autres le réel, d’autres encore les zones troubles où les deux se confondent. Mais tous cherchent, à leur manière, à saisir ce qui échappe.

Cette rencontre sera l’occasion pour chacun de découvrir nos univers respectifs, non pas à travers une simple présentation, mais à travers ce qui les anime en profondeur : leurs origines, leurs obsessions, leurs lignes de fracture.

La librairie indépendante : un lieu de résistance douce

À l’heure où tout semble pouvoir être commandé en quelques clics, livré en quelques heures, la librairie indépendante pourrait apparaître comme un vestige.

Elle est tout le contraire.

Elle est un espace de résistance.

Non pas une résistance frontale, bruyante, revendiquée — mais une résistance douce, patiente, profondément humaine. Une manière de dire que le livre n’est pas un produit comme un autre. Qu’il mérite du temps. De l’attention. Un regard.

Dans une librairie indépendante, rien n’est totalement laissé au hasard.
Chaque ouvrage a été choisi. Défendu. Parfois aimé.

Le libraire devient alors un passeur.

Il ne vend pas seulement des livres — il crée des ponts. Entre des textes et des lecteurs. Entre des auteurs et des sensibilités. Il devine, conseille, accompagne.

Et dans ce geste, il y a quelque chose de profondément précieux : une forme de confiance.

Le triangle vivant : auteurs, libraires, lecteurs

La littérature n’existe jamais seule.

Elle circule. Elle se transmet. Elle vit à travers ceux qui la portent.

Entre l’auteur, le libraire et le lecteur, il existe une relation fragile et essentielle. Un équilibre presque invisible, mais sans lequel rien ne tient.

L’auteur écrit — souvent dans le doute.
Le libraire choisit — avec exigence.
Le lecteur reçoit — et transforme.

Car lire, ce n’est jamais être passif.

Chaque lecteur recrée le livre qu’il lit. Il y projette ses propres images, ses propres blessures, ses propres élans. Il prolonge l’écriture au-delà de l’auteur lui-même.

Et lorsque ces trois figures se rencontrent physiquement — dans une librairie, lors d’une dédicace, d’une discussion — quelque chose de rare se produit.

Le livre sort de sa solitude.

Il devient échange. Présence. Dialogue.

Pourquoi ces rencontres comptent

Dans un monde saturé de discours, d’images, de vitesse, prendre le temps de s’asseoir et d’écouter des auteurs parler de leur démarche peut sembler presque anachronique.

Et pourtant, c’est précisément pour cela que ces moments sont essentiels.

Ils permettent de ralentir.

De revenir à l’essentiel : la parole, la pensée, le lien.

Une table ronde n’est pas une conférence figée.
C’est un espace vivant. Un lieu où les idées circulent, où les questions surgissent, où les certitudes vacillent parfois.

C’est aussi un moment de proximité.

Les lecteurs ne sont plus simplement des lecteurs. Ils deviennent interlocuteurs. Présences actives. Partenaires de l’échange.

Et pour un auteur, c’est une expérience irremplaçable.

Car écrire, c’est souvent parler dans le vide.
Rencontrer ses lecteurs, c’est enfin entendre un écho.

Un ancrage local, une portée universelle

Ce qui rend cette rencontre particulièrement précieuse, c’est aussi son ancrage.

Nous sommes tous deux des environs.
Nous partageons un territoire, une proximité géographique qui n’est pas anodine.

Car la littérature, aussi universelle soit-elle, naît toujours quelque part.

Dans une ville, un paysage, une lumière particulière.

Participer à un événement à Châteaurenard, c’est aussi revenir à cette origine. À ce lien entre l’écriture et le réel.

C’est dire que la création littéraire n’est pas réservée à des centres lointains, à des cercles fermés. Elle existe ici. Elle se construit ici. Elle se partage ici.

Dédicacer : un geste simple, un moment suspendu

Il y a, dans la dédicace, quelque chose de profondément singulier.

Un livre passe de main en main — mais cette fois, il s’arrête.
Il devient unique.

Un prénom. Une date. Quelques mots.

Et soudain, l’objet se transforme.

Il n’est plus seulement un texte imprimé. Il devient une rencontre matérialisée. Une trace.

Pour l’auteur, c’est un moment d’intimité inattendue.
Pour le lecteur, un souvenir qui s’inscrit dans le temps.

Lors de cette rencontre, nous aurons à cœur de prolonger l’échange à travers ces instants-là — simples, mais essentiels.

Habiter les mots, ensemble

Ce que nous proposerons, ce jour-là, ce n’est pas seulement une discussion autour de la littérature.

C’est une invitation.

Une invitation à entrer dans les coulisses de la création. À comprendre ce qui se joue derrière les pages. À ressentir, peut-être, ce qui pousse à écrire — et ce qui pousse à lire.

Mais surtout, c’est une invitation à partager.

Car la littérature n’existe pleinement que lorsqu’elle est habitée.

Par ceux qui écrivent.
Par ceux qui lisent.
Par ceux qui font le lien.

Informations pratiques

📍 Lieu : Comme la plume au vent

Contact: Adresse : 57 Av. du Dr Georges Perrier, 13160 Châteaurenard Téléphone : 04 32 60 00 71

📅 Événement : Fête de la librairie indépendante : 25 avril 2026
🕒 Heure : 15h00

Table ronde en présence de Franck Fauquier et moi-même, suivie d’un temps d’échange et de dédicace.

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